Psychologie et cancer



Les troubles psychiques occasionnés ou amplifiés par le cancer




Que la personne soit en traitement, en rémission ou en guérison, elle est souvent en proie à des troubles émotionnels. Les raisons en sont multiples : crainte d'une rechute, évolution défavorable de la maladie, complications liées au traitement chirurgical, attente des résultats des examens de surveillance, effets secondaires de la chimiothérapie, devenir du couple ou des enfants... Les troubles émotionnels possibles sont vastes et ils peuvent conduire à :


- Une anxiété généralisée : Elle se manifeste par un état permanent d’inquiétude. Les personnes en souffrant n’arrivent pas à se relaxer, peinent souvent à s’endormir, ont mal au ventre, ont des difficultés de concentration... La manière dont est vécue l'anxiété est très variable selon chaque individu. Généralement, l'information sur la maladie et ses traitements rassure le patient. L'anxiété est souvent plus importante chez des personnes qui souffrent physiquement ou qui vivent dans la solitude.


- Une propension à la panique : Ce phénomène est parfois marqué par l'apparition de crises d'angoisse ou d'attaques de panique. On préfère ces termes aux dénominations plus anciennes : crises de tétanie ou spasmophilie. Les symptômes des crises d'angoisse ou d'attaques de panique se caractérisent par un ou plusieurs éléments :

- Palpitations (tachycardie),
- Sueurs inexpliquables,
- Fourmillement puis engourdissement des extrémités,
- Dépersonnalisation (sentiment de ne plus se reconnaître soi-même ou les autres),
- Sensation d'étouffement, de ne plus pouvoir respirer avec comme conséquence une hyperventilation,
- Contractures musculaires incontrôlables (tétanie),
- Vertiges,
- Tremblements,
- Nausées.

La crise de panique est bénigne mais les symptômes sont souvent terrifiants pour l'individu car il a une sensation de mort imminente. Ces manifestations s'amplifient car elles s'auto-alimentent. En effet, les symptômes sont tels que l'individu finit par les redouter très souvent et la peur devient latente. Cette situation prédispose à répéter des crises. C'est un cercle vicieux car la peur provoque les symptômes et les symptômes provoquent la peur. Les psychothérapies cognitives et comportementales permettent de comprendre l'origine et les mécanismes de ces troubles afin de casser ce cercle vicieux. Cette compréhension amène l'individu à maitrîser ces manifestations. Une exposition progressive aux situations qui engendrent ces symptômes et/ou une reproduction artificielle de ces derniers permet également à l'individu "d'apprivoiser" ses troubles. Les anxiolytiques et certains neuroleptiques dans des formes aiguës sont utiles. Enfin, certaines méthodes naturelles basées sur la relaxation et la respiration sont très efficaces. Des cures au magnésium peuvent être aussi prescrites.


- Les phobies : Ce sont des peurs, des craintes irrationnelles car elles sont souvent non objectives. Certes, l'objet de la phobie peut être potentiellement dangereux mais la personne suramplifie cette dangerosité de manière déraisonnable et irrationnelle. Cela peut conduire à des crises d'angoisse ou de panique. La personne finit par avoir peur d'avoir peur et elle commence à fuir ou à éviter certaines situations. Les phobies peuvent porter sur les soins, le monde (agoraphobie), les vomissements (émétophobie), les microbes (nosophobie), les machines utilisées pour les traitements, les hôpitaux, etc. Une exposition progressive à l'objet des phobies et la compréhension de leurs processus est l'axe de traitement des psychothérapies comportementales et cognitives. L'individu finit par apprivoiser ses phobies sans qu'elles ne disparaissent forcément totalement. Les anxiolytiques et certains neuroleptiques dans des formes aiguës permettent également d'annihiler ces manifestations.


- Les obsessions : Les personnes se répètent, "ruminent" des pensées, des images, des paroles, des sensations... Souvent, ces idées récurrentes et persistantes deviennent tellement insupportables que le patient met en oeuvre des processus mentaux (se répeter des phrases, compter...) ou physiques (lavages, rangements...) pour les oublier ou les atténuer. C'est ce qu'on appelle des compulsions. Une compulsion est une force intérieure qui pousse le sujet à accomplir certains actes et à laquelle il ne peut résister sans angoisse. Le malade est conscient du caractère absurde et gênant de ces actes mais il ne peut pas s'empêcher de les répéter. Les rituels peuvent prendre des heures et l'entourage doit parfois y participer. Lorsque l'individu réalise ces actes incessants et qu'ils finissent par lui nuire (fatigue, détresse, marginalisation sociale...), on parle de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Le traitement repose sur les psychothérapies comportementales et cognitives qui ont pour but de réduire ou de neutraliser les symtômes mais ces traitements ne s'occupent que des effets. Parfois, l'origine de ces troubles est très profonde et une psychanalyse peut aider le patient à en découvrir les racines. De nouveaux antidépresseurs dit inhibiteurs de sérotonine (IRS) sont également efficaces.


- Le stress post-traumatique : L'annonce de la maladie est un véritable choc et les traitements sont parfois très mal vécus. Ces évènements intenses sont des traumatismes et l'individu finit par développer un stress post-traumatique à l'instar de ceux qui ont été confrontés à un danger extrême : attentat, guerre... Ces troubles s’accompagnent souvent d’insomnies, de dépressions, d’irritabilités, parfois de violences, de conduites pathologiques et de marginalisations sociales. On parle de stress post-traumatique lorsque les symptômes durent plus d’un mois. Ils débutent souvent plusieurs semaines après l’événement traumatisant. Certains médicaments sont utiles pour traiter les symptômes tels que la dépression (antidépresseurs) ou l'anxiété (anxiolytiques). Le traitement de fond repose en règle générale sur la psychothérapie, soit d’inspiration analytique, soit comportementale.


- La dépression : La dépression ne consiste pas uniquement à être triste ou d'humeur morose. Elle touche environ 25% des malades et ses symptômes sont les suivants :

- Une humeur négative continuelle,
- Une perte de plaisir et d'intérêt dans tous les domaines,
- Des changements dans le rythme du sommeil (insomnie ou hypersomnie) et de l'appétit,
- Une nervosité et une susceptibilité,
- Une culpabilisation,
- Une faible capacité de concentration,
- Des pensées obsessionnelles de mort voire de suicide.

Pour diagnostiquer une dépression, ces symptômes doivent au moins durer 2 semaines. Le plus souvent, la dépression est soignée par des antidépresseurs, une psychothérapie ou une psychanalyse.




Les intervenants



- Le psychologue [220] : Le psychologue est un professionnel, spécialiste dans le domaine de la psychologie. Il exerce son métier après avoir acquis un savoir et des compétences spécifiques à travers une formation universitaire de niveau Bac + 5. Un psychologue n'a pas le droit de prescrire des médicaments car il n'est pas médecin, il soigne surtout par la parole et avec les psychothérapies.


- Le psychiatre : Le psychiatre est un médecin qui s'est spécialisé dans les maladies mentales. Sa formation est donc de 10 ou 11 ans après le Bac. Il est autorisé à prescrire des médicaments (anxiolytiques, antidépresseurs, neuroleptiques). Il prend en charge les maladies psychiatriques les plus lourdes (psychoses : paranoïa, schizophrénie, dépression…) mais aussi les maladies névrotiques (TOC, angoisse...) et d'autres situations de mal-être.


- Le psychothérapeute : Il n'existe pas en France de diplôme de psychothérapeute. La seule réglementation s'appuie sur l'article 52 de la loi N°2004-806 qui stipule qu'un psychothérapeute est "une personne inscrite sur le registre national des psychothérapeutes. Cette liste mentionne les formations suivies par le psychothérapeute. L'inscription sur la liste est de droit pour les titulaires d'un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue et les psychanalystes". Ce registre est diffusé au grand public et aux pouvoirs publics. Théoriquement, pour y figurer, le psychothérapeute doit pouvoir justifier d'une psychothérapie personnelle et d'une formation spécifique théorique. Le psychothérapeute est très souvent psychiatre ou psychologue. Toutefois, cela n'empêche pas des personnes sans aucun diplôme, sans formation "sérieuse" ou reconnue de se prétendre psychothérapeute et d'en faire commerce [221].


- Le psychanalyste : Tout comme la psychothérapie, il n'y a pas en France de diplôme de psychanalyse. La condition sine qua non est que le psychanalyste entreprenne et mène à bien une psychanalyse qui dure entre cinq et sept ans en moyenne. Il est généralement inscrit auprès d'un institut ou d'une école (Association psychanalytique de France, Société psychanalytique de Paris, École de la cause freudienne, Société de psychanalyse freudienne...) qui supervise sa qualification et sa pratique. Le psychanalyste est souvent psychiatre ou psychologue mais ce n'est pas toujours le cas.



Les traitements



- Psychanalyse : La psychanalyse cherche les racines des névroses (obsessions, TOC, phobies...) et des dépressions. Elle vise à comprendre leurs mécanismes et leurs formations dans l'inconscient (refoulement d'idées et de souvenirs, situations vécues dans l'enfance...). Ce travail portant sur l'inconscient ne peut être entrepris avec succès que par un thérapeute qui a lui-même fait une psychanalyse. Ce travail peut durer de nombreuses années et il est couteux car non remboursé par la sécurité sociale.


- Psychothérapie cognitive et comportementale : Selon les cas, on travaillera davantage sur la dimension cognitive (la pensée) ou sur la dimension comportementale (les actions). Le champ d'application principal porte sur les TOC, l'anxiété généralisée, les attaques de panique, les phobies ou la dépression. Les thérapies cognitives et comportementales proposent d'observer objectivement et d'analyser les comportements et les pensées qui plongent l'individu dans la souffrance. Elles visent à les réduire autant que possible. Souvent, on a recours à un déconditionnement progressif : on expose petit à petit l'individu à ses phobies ou à ses angoisses en lui apprenant à les apprivoiser. On clarifie aussi les mécanismes de formation dans l'esprit des attaques de panique, des phobies, de la dépression, des TOC... En général, ces thérapies ne cherchent pas à trouver les racines profondes de ces manifestations mais à en traiter les symptômes (contrairement à la psychanalyse).



- L'hypnose : L'hypnose est un état de conscience particulier, entre la veille et le sommeil. Le champ thérapeutique de l'hypnose porte sur le traitement de la douleur, du stress, des traumatismes, des phobies... Son efficacité antidouleur a été prouvée scientifiquement pour des petites chirurgies où l'on diminuait les doses anesthésiques. Elle a été également souvent utilisée en psychiatrie pour traiter des névroses et des hystéries (Charcot puis Freud). Il existe deux écoles complémentaires. La première est basée sur la suggestion. La personne face à l’hypnotiseur subit des injonctions verbales, visuelles et corporelles.
Freud faisait ainsi revivre, en état d'hypnose, des scènes oubliées à ses patients, et particulièrement celles qui avaient eu une action traumatisante et pathogène. Ensuite, cette technique s'est oubliée derrière la psychanalyse pour revoir le jour avec Erickson. La deuxième école est l’hypnose Ericksonienne. Elle sollicite la participation active du patient. Une des originalités de l'hypnose conçue par Erickson est de considérer que le sujet possède en lui-même les solutions appropriées à ses problèmes mais qu'il est incapable de les mobiliser en raison de ses limitations conscientes. Il s’agit plus d’un état de profonde relaxation, pendant lequel le patient va pouvoir s’exprimer librement. Le thérapeute utilise des métaphores, c’est-à-dire un langage symbolique, pour guider l’inconscient du sujet et l’amener à trouver lui-même les solutions à ses problèmes.



 - L'autohypnose : C'est un état modifié de conscience. Elle permet de s'évader du monde réel, de se relaxer, de se détendre bref de gérer son stress. Un exemple : penser à un objectif ou à un problème. Imaginer une ressource qui va y répondre. Parler dans son imagination à son inconscient et lui demander son aide pour trouver cette ressource. Puis penser à quelques souvenirs agréables. Ensuite se décrire ce que l'on entend autour de soi, fixer une image. Cela permet de redécouvrir ses sens. Puis fermer les yeux. Penser à son corps, l'écouter respirer. S'imaginer soi-même, se visualiser sa poitrine qui se soulève et s'abaisse, la posture des bras. Repenser à son corps, l'écouter. Puis s'étirer lentement et reprendre contact lentement avec l'environnement.



- Les méthodes relaxantes : Il existe principalement deux méthodes :

- Le training autogène : Créé par le neuropsychiatre Schultz vers 1930. Il s'est inspiré, notamment, des travaux d'Oscar Vogt sur l'hypnose, d'Émile Coué sur l'autosuggestion consciente et de Freud qu'il a rencontré à quelques reprises. Il s'agit d'une technique de relaxation profonde proche de l'autohypnose qui utilise la suggestion et la concentration pour éliminer les stress de toutes sortes, accumulés dans le corps. Le training autogène peut être efficace contre les crises d'angoisse, l'anxiété, certaines douleurs et nausées. Cette technique propose d'abord de se détendre avec une respiration diaphragmatique en s'allongeant et en s'isolant si possible. Alors que nous respirons plus souvent avec le thorax, la respiration diaphragmatique est une respiration plus lente et profonde qui utilise l'abdomen. Autrement dit, lors de l'inspiration le ventre se gonfle et lors de l'expiration il se rentre. Cette technique de respiration détend les muscles et fait entrer plus d'oxygène. Elle est très proche de celle que nous avons lors d'un sommeil profond. Une fois que le patient obtient un relâchement total avec cette respiration lente et profonde, il visualise son corps et se concentre sur un relâchement de chaque partie du corps, de haut en bas, muscle par muscle, membre par membre. Une fois ce relâchement de la musculature et de l'ossature obtenu, le patient doit penser à des choses agréables (des lieux, des sons de la nature...) pour compléter la relaxation. Le réveil se fait en douceur et l'exercice dure environ 10 mn. Il est souhaitable de le réaliser quotidiennement.

- La relaxation musculaire progressive de Jacobson : créée par Jacobson en 1934, le principe est d'abord de se détendre grâce à une respiration diaphragmatique en s'allongeant et en s'isolant. Ensuite, pour chaque groupe musculaire du corps, il faut contracter pendant 10 sec puis relâcher progressivement chaque muscle pendant 30 sec.



- Les techniques de respiration : Elles sont précieuses car elles permettent de se relaxer physiquement et de se préparer à des exercices spirituels (méditation, hypnose...).

Respiration "thoracique" : En inspirant, abaisser le diaphragme et gonfler à peine l'abdomen ; dilater la partie moyenne du thorax, écarter les côtes sans forcer ; bomber progressivement le torse sans exagérer. En expirant, abaisser les épaules tout en laissant descendre graduellement les côtes ; contracter les parois de l'abdomen afin de terminer la respiration. L'inspiration et l'expiration doivent se faire lentement et progressivement.

Respiration "thoracique" et "abdominale" : En inspirant, inhaler lentement et profondément l'air par le nez en gonflant d'abord l'abdomen puis le thorax. Le ventre doit gonfler. Si nécessaire, on peut poser sa main sur le ventre pour le sentir se soulever. En expirant, faire sortir l'air complètement et lentement par le nez ou la bouche. Le ventre doit se rentrer. Si nécessaire, on peut appuyer lentement sur le ventre pour faire sortir l'air.

Autres exemples de respiration : Se mettre en position debout, jambes écartées. Inspirer lentement, profondément, complètement. Retenir l'air pendant 5 secondes environ. Expirer par à-coups, lèvres serrées comme pour siffler sans gonfler les joues. Ou bien encore, inspirer lentement et complètement. Retenir l'air durant 3 à 5 secondes, tout en plaçant les deux mains de chaque côté de la cage thoracique. Expirer en comprimant doucement les côtes avec les mains.



- La sophrologie : C'est une synthèse de techniques utilisées en yoga, en relaxation (training auto-gène et Jacobson), en hypnose et en psychologie. L'objectif est de maîtriser ses peurs, de gérer son stress, d'avoir confiance en soi et d’optimiser ses possibilités. La démarche consiste à se relaxer et à prendre conscience de son corps à l'aide des techniques de respiration, de visualisation du corps et du relâchement de ses muscles petit à petit, segment par segment. Une fois cet état de relâchement obtenu, on pense à des choses agréables (une chute d'eau, le bruit des cigales...). On peut aussi s'imaginer réaliser ses objectifs, ses désirs...


- L'autosuggestion positive : Son postulat est que les pensées négatives du type "je ne vais pas y arriver" et que les peurs inconscientes qui en découlent sont des freins qui nuisent à la réalisation d'un objectif. L'idée va être alors d'utiliser ce mécanisme mais en remplaçant les pensées négatives par des pensées et des mots positifs. C'est l'autosuggestion positive. En quelque sorte, on va tout faire pour se convaincre que l'on peut réaliser un objectif et son accomplissement en sera ainsi facilité.

- Les médicaments : Il existe principalement quatre familles de médicaments : les anxiolytiques (essentiellement les benzodiazépines), les antidépresseurs (IRS, IMAO, tricycliques), les hypnotiques et les neuroleptiques. Ils agissent au niveau des neurones du cerveau.

Un neurone

Description des composants du neurone

(src:http://subtlebraininjury.comneuron.html)

- Les anxiolytiques : Ils sont surtout représentés par les benzodiazépines. Ces derniers se fixent sur des récepteurs cellulaires appelés GABA (acide gamma-aminobutyrique), situés dans le cortex frontal et occipital. Lorsqu'ils se fixent sur une partie d'un récepteur GABA, l'ouverture des canaux chlore est activée, ce qui renforce la transmission d'un neuromédiateur appelé GABA. Ce dernier diminue l’excitabilité du système nerveux central. Les effets sont un relâchement musculaire (myorelaxant), une action sédative, anxiolytique et anticonvulsivante. En revanche, un traitement de plus de 4 semaines peut entraîner une dépendance qui nécessitera une période de sevrage. Il existe plusieurs molécules benzodiazépines:

- Alprazolam : Xanax™,
- Bromazépam :Anxyrex™, Quietiline™, Lexomil™
- Clobazam :Urbanyl™,
- Clonazépam : Rivotril™ - c'est aussi un antiépileptique.
- Clorazépate dipotassique : Tranxène™,
- Clotiazépam : Veratran™,
- Diazépam : Valium™,
- Loflazépate d'éthyle : Victan™,
- Lorazépam : Temesta™,
- Nordazépam : Nordaz™,
- Oxazépam : Seresta™,
- Prazépam : Lysanxia™,

D'autres anxiolytiques non benzodiazépines existent : Hydroxyzine (Atarax™), Buspirone (Buspar™), Méprobamate (Equanil™)

gaba et neurone
(src:http://www.sfn.org.jpg)

Comme toute cellule du corps humain, le neurone est cerclé par une membrane. Cette membrane est percée de canaux de sodium, de potassium et de chlore qui vont permettre des échanges d'ions positifs et négatifs de part et d'autre du neurone (K+, Na+...). A l'état de repos, la différence de potentiel entre respectivement l'intérieur d'un neurone et sa surface extérieure est d'environ -70 millième de volt.  On dit alors que le neurone est polarisé. Lorsqu'un neurone adjacent envoie, d'une synapse, un signal qui se propage le long d'une dendrite de notre neurone schématisé, la différence de potentiel va s'amenuiser (-70 mV, -69 mV...) car le nombre de particules positives extérieures au neurone "rattrape" le nombre de particules négatives intérieures. A partir de -30 mV, le neurone passe d'un état inactif à un état actif : il laissera passer le signal le long de son axone à cause du déséquilibre ionique. "L'interrupteur sera ouvert". Le neuromédiateur GABA déclenche une grande concentration de particules de chlore chargées négativement (les ions négatifs de chlore : Cl-) à l'extérieur de la membrane du neurone. Ces particules négatives vont entrer dans le neurone destinataire (A) à travers des canaux chlore. Cet évènement va avoir tendance à polariser, c'est à dire à maintenir une charge électrique négative dans le neurone. Or, pour faire circuler un message, le neurone doit se dépolariser. Par conséquent, le neurone se comporte comme un "interrupteur fermé". L'influx nerveux est bloqué.

- Les antidépresseurs :

- Tricycliques ou imipraminiques : Ce sont de vieux antidépresseurs. Ils agissent principalement en bloquant les pompes à recapture des synapses sérotoninergiques et noradrénergiques. Il y a donc davantage de sérotonine ou de noradrénaline transmises dans les synapses entre les neurones. La circulation de ces neurotransmetteurs est donc favorisée dans le cerveau avec un minimum de pertes. Comme les dépressifs présentent un taux plus faible de ces neurotransmetteurs, les tricycliques compensent ces manques.

- Clomipramine : Anafranil™,
- Amoxapine : Defanyl™,
- Amitryptiline : Elavil™, Laroxyl™
- Maprotiline : Ludiomil™,
- Dosulépine : Prothiaden™,
- Doxépine : Quitaxon™,
- Trimipramine : Surmontil™,
- Imipramine : Tofranil™


- Inhibiteur de la recapture de la sérotonine (IRS) : Ce sont des antidépresseurs récents. La sérotonine est un neurotransmetteur responsable en partie de l'humeur. Les IRS viennent probablement combler le manque de sérotonine des dépressifs et facilitent sa transmission dans le cerveau (dans les synapses entre les neurones) avec un minimum de perte (inhibition de la recapture dans la fente synaptique). Les IRS présentent une forte affinité pour des récepteurs cellulaires du cerveau appelés récepteurs sérotoninergiques 5HT (5-hydroxytryptamine)
.

- Citalopram : Seropram™, Seroplex™,
- Paroxétine : Deroxat™, Divarius™,
- Venlafaxine : Effexor™,
- Fluvoxamine : Floxyfral™,
- Milnacipran : Ixel™,
- Fluoxétine : Prosac™,
- Sertraline : Zoloft™.

IRS
- Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) : Ils bloquent l'enzyme monoamine oxydase, permettant ainsi à une plus grande quantité de sérotonine et de noradrénaline de rester disponible dans les synapses entre les neurones.

- Iproniazide : Marsilid™,
- Moclobémide : Moclamine™,


- Les hypnotiques antihistaminiques : Ils régulent l'histamine, un neuromédiateur. Ils sont utilisés pour traiter l'insomnie.

- Doxylamine : Donormyl™,
- Clorazépate dipotassique, acépromazine, acéprométazine : Noctran™,
- Prométhazine : Phenergan™,
- Alimémazine : Théralène™


- Les neuroleptiques : Les neuroleptiques sont habituellement réservés aux traitements des psychoses : délires, hallucinations... mais certains sont prescrits sur des courtes durées pour traiter des anxiétés aiguës rebelles aux thérapeutiques habituelles (antidépresseurs, anxiolytiques). Les doses à prendre sont bien moindres que pour les psychotiques (schizophrènes, paranoïaques...). Les neuroleptiques ou antipsychotiques sont tous des antagonistes dopaminergiques actifs au niveau du système nerveux central. Ceux utilisés pour traiter l'anxiété sont par exemple :

- Les phénothiazines : Cyamémazine : Tercian™,
- Les butyrophénones : Haloperidol : Haldol™ faible,



neuroleptic

Bien entendu, ces médicaments ne sont prescrits que par un psychiatre ou un médecin compte-tenu de leurs puissances et de leurs effets secondaires.

 

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