Aussi
loin que remonte l’origine de la vie, le cancer a existé
et il a concerné toutes les espèces vivantes : animaux,
hommes, plantes... L’homme
est l’assemblage de près de soixante mille milliards
de cellules organisées en organes et en tissus. Chaque cellule
de notre corps est composée d’un noyau
plus ou moins sphérique de quelques millionièmes de
mètres entouré d’une membrane enveloppant une
substance riche en eau : le cytoplasme. A l’intérieur
de ce noyau, on trouve 23 paires de chromosomes.

Le caryotype humain désigne l'ensemble des 23 paires de chromosomes
de l'homme.
Un
chromosome est constitué d’ADN et de
protéines. L’ADN ressemble à
deux brins enroulés l’un sur l’autre, et il est
constitué de bases – G
ou guanine, A ou adénine, C
ou cytosine, T ou thymine – reliées
entre elles à l’intérieur d’un brin par
des sucres et des acides phosphoriques.
Un gène est un segment de cet ADN et suivant
l’agencement des bases, il va produire des protéines
pour la vie de la cellule.
Dans
notre organisme, à chaque instant, des cellules naissent et
d’autres meurent. Chaque jour, notre corps élimine 200
milliards de cellules de manière programmée par nos
gènes (apoptose), ou à cause des agressions
de l'environnement (nécrose). Quel que soit
le mode d'élimination, notre corps est normalement programmé
génétiquement pour maintenir un niveau de cellules à
peu près constant dans chaque tissu (homéostasie).
Cette constance, malgré le processus d'élimination des
cellules, se fait grâce à la division des cellules (mitose).

Les différentes phases de la mitose
: interphase (cellule avant la division), prophase, métaphase,
anaphase, télophase.
Il y a deux sortes de gènes qui contrôlent les mouvements
"démographiques" des cellules : les proto-oncogènes
et les anti-oncogènes :
1) Le proto-oncogène stimule
la division cellulaire en produisant des protéines qui :
- réparent
les tissus abîmés par une lésion,
- renouvellent les tissus vieillis,
- permettent de dépasser l’état embryonnaire.
2) L' anti-oncogène, au contraire, inhibe la division cellulaire.
Donnons un exemple [2]: les télomères
qui se situent à l'extrémité des chromosomes
se réduisent un peu plus à chaque division cellulaire.
Lorsque les télomères sont trop peu nombreux, la prolifération
des cellules est stoppée grâce à la production
de gènes spécifiques. On dit alors que les cellules
entrent dans un état de normalité : la
sénescence.
Dans le cancer, cet équilibre complexe est perturbé
à cause de mutations qui vont favoriser l’activité
d’un oncogène, ou bien défavoriser l’activité
d’un anti-oncogène. Tout part d'une seule cellule qui
va muter, devenir insensible à la mort programmée (apoptose)
et se diviser (mitose) en milliers puis en millions puis en milliards
de copies. On dit que la cellule mère de départ donne
naissance à des cellules filles de type monoclonale
qui, à leurs tours, vont muter (carcinogénèse).
Le cancer se traduit alors par une prolifération importante
et anarchique de cellules anormales qui ont la capacité
d’envahir et de détruire les tissus sains. En effet,
au bout d'un moment, les cellules cancéreuses ne reconnaissent
plus leurs tissus d'origine, et elles produisent alors des signaux
biochimiques (comme les métalloprotinéases)
qui détruisent leurs tissus d'appartenance. Par ailleurs, à
terme, elles peuvent être menacées de mort si elles restent
confinées trop longtemps dans leurs tissus d'origine. Pour
survivre, elles doivent s'expatrier en utilisant alors des protéines appelées facteurs de croissance. Ces
protéines permettent d'ouvrir une voie d'accès aux vaisseaux
sanguins et lymphatiques les plus proches (néovascularisation)
et ainsi aux cellules cancéreuses de quitter la tumeur primitive
pour s'installer dans un autre tissu et former un nouveau foyer tumoral
: la tumeur secondaire ou métastase.
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