Les médicaments de nouvelle génération

Les médicaments qui ciblent


Le nombre de sarcomes des tissus mous (près de 40) laisse penser aux experts que certains sous-types sont plus sensibles que d'autres à des médicaments. Jusqu'à maintenant, la doxorubicine et l'ifosfamide étaient les deux drogues les plus efficaces contre les sarcomes. Mais depuis peu, la biologie moléculaire et la génétique identifient les gènes et les protéines anormales développés par les cellules cancéreuses de ces sous-types. Le meilleur exemple est celui du GIST autrefois regroupé dans la famille des leiomyosarcomes (LMS). En effet, les avancées de la biologie moléculaire et de la génétique ont montré que les GIST étaient souvent occasionnés par une mutation spécifique dans l'ADN qui entraîne un enzyme cellulaire, connu sous le nom de KIT, à s'activer systématiquement. KIT est un enzyme (appelé tyrosine-kinase) qui est responsable de transmettre des signaux de croissance et de survie à l'intérieur de la cellule. S'il est activé, la cellule reste vivante et grandit ou prolifère. L'enzyme KIT de type mutant, incontrôlé et suractif enclenche une croissance anarchique des cellules de la tumeur GIST. L'enzyme KIT peut être identifié en recherchant une portion d'enzyme appelée antigène CD117 (c'est une partie d'enzyme pouvant être détectée par un test de diagnostic spécial). Beaucoup de GIST produisent KIT et la détection de CD117 permet de confirmer que la croissance est une tumeur GIST.
Le médicament à base d'imatinib mesylate (Glivec™ ou STI-571) inhibe l'activité de la tyrosine kinase et ainsi les fonctions de plusieurs protéines dont la CD117 [181]. Comme les GIST dépendent beaucoup de cette protéine, l'imatinib donne un taux de réponse impressionnant : 50% et beaucoup de stabilisations parmi les patients restants. Par ailleurs, l'imatinib est aussi actif sur les DFSP. Cette découverte est vraiment une révolution et laisse entrevoir aux chercheurs et aux malades des nouvelles possibilités de traitements pour d'autres sarcomes dans un avenir indéterminé [183]. Des médicaments [131] pourraient cibler par exemple le facteur de croissance épidermique donnant souvent une sur-expression de l'EGFR1 dans le sarcome synovial [182] ou encore enrayer le processus d'angiogenèse des tumeurs. Tous ces nouveaux médicaments sont comme des "clés" capables de rentrer dans les "serrures" des processus tumoraux et de les déverrouiller.


(src: British Journal Of Cancer)



Les essais cliniques
sur les sarcomes des tissus mous




Des études expérimentales portent sur des agents antisarcomes autres que les agents classiques (ifosfamide, doxorubicine, dacarbazine...). Ces essais cliniques passent par des phases de validation. Les études chez l’humain sont divisées en quatre phases [189] :


- Phase I : L' objectif principal n'est pas de rechercher un effet thérapeutique mais d'apprécier la toxicité à différentes doses chez l'homme. Il s'agit de recenser les effets indésirables, leur durées, leurs réversibilités...


- Phase II : Les essais de phase II ont pour objectif de déterminer la dose optimale du produit en terme d'efficacité et de tolérance sur une population limitée de malades (quelques centaines). Dès cette phase, le médicament en développement est comparé à un traitement efficace déjà commercialisé ou à un placebo, c'est-à-dire un traitement sans activité pharmacologique.


- Phase III : La phase III ne débute qu'après avoir vérifié l'efficacité et la sécurité du médicament en développement. Ces essais de plus grande envergure sont conduits sur un échantillon beaucoup plus large (plusieurs milliers de patients) et représentatif de la population de malades. Ils visent à démontrer l'intérêt thérapeutique du médicament et à évaluer son efficacité et sa sécurité d'emploi dans les conditions d'utilisation de la pratique courante.
Cette phase débouche éventuellement sur une autorisation de mise sur le marché (AMM).


- Phase IV : Les essais de phase IV sont réalisés une fois le médicament commercialisé, sur un nombre de patients souvent très important (jusqu'à plusieurs dizaines de milliers de personnes). Ils permettent d'approfondir la connaissance du médicament et d'évaluer à grande échelle sa tolérance. C'est ainsi que l'on détecte parfois des effets indésirables très rares qui n'ont pu être mis en évidence lors des autres phases de l'essai.


Par ailleurs, les essais cliniques analysent la réaction des tumeurs cancéreuses. Une réponse peut être :


- Une réponse complète
: C'est la disparition de tout signe de maladie cancéreuse et l'absence de nouvelles lésions pendant au moins 4 semaines,


- Une réponse partielle : C'est une réduction de plus de 50% des dimensions des tumeurs sans augmentation ou apparition d’autres tumeurs pendant au moins 4 semaines,


- Une stabilisation : C'est une augmentation inférieure à 25% ou une diminution inférieure à 50%. En outre, il faut l'absence de nouvelles tumeurs.


- Une progression.

La réponse objective est la somme des réponses complètes et partielles.




Si vous voulez voir tous les essais cliniques contre les sarcomes dans le monde, cliquer ici et ici

 

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