Diagnostic des sarcomes



Radiographie classique 

Ses possibilités sont très limitées dans la perception des contrastes des différents tissus mous mais elle peut être intéressante pour étudier le comportement squelettique sous jacent (notamment les calcifications). Elle est également intéressante pour apprécier la densité osseuse et l'état de l'os en cas d'ostéosarcomes (la scintigraphie osseuse est un examen complémentaire plus fin). Elle permet aussi de répérer des métastases pulmonaires d'une certaine taille (plus grossièrement qu'avec un  scanner).


Scanner (TDM)


Il est plus intéressant pour l’analyse des tissus mous car il permet un haut contraste inter tissulaire facilitant la reconnaissance des cartilages, des liquides, des muscles, des graisses… Il est aussi plus précis que la radiographie car on peut identifier une tumeur de 2 à 5 millimètres. On l'utilise en général pour surveiller le thorax, l'abdomen et le cerveau à la recherche d'éventuelles métastases. Il peut servir aussi à visualiser des tumeurs primitives de l'abdomen et du thorax. On peut également l'utiliser pour les sarcomes des membres mais on lui préfère souvent l'IRM.

Fig.1. Scanner ou tomodensitométrie

 

 

IRM

Pour les sarcomes des membres, tête et cou, l’IRM est plus appropriée que le scanner car elle augmente la reconnaissance des tissus internes et particulières des tendons et autres ligaments. De plus, les lésions des parties molles se trahissent par un comportement magnétique particulier.

Echographie

Cet examen est une méthode fiable dans l’exploration des parties molles. Néanmoins, l’absence de plan anatomique de référence et la difficulté de sa reproduction dans des conditions identiques limitent son intérêt.

TEPScan

Le FDG permet la détection de certains sarcomes, les cellules malignes étant plus consommatrices de ce glucose que les cellules normales. Il permet de distinguer précocement des métastases.
Fig.2. PetScan





Le standard est de réaliser une radiographie et surtout un scanner (TDM) et/ou une IRM. On préfère le scanner pour les localisations thoraciques et l'IRM pour les localisations aux membres, tête ou cou. En cas de localisation thoracique ou abdominale profonde, on peut réaliser une échographie ou une IRM complémentaires [288].



Biopsie


En fonction des images, la biopsie est discutée. Elle doit être réalisée par un opérateur expérimenté (pour éviter une effraction tumorale et le risque d'essaimage).  Dans la majorité des cas, la biopsie est indispensable pour
savoir s’il s’agit bien d'un sarcome. Si c'est la cas, on peut définir d’emblée le type de chirurgie à réaliser (les tumeurs bénignes peuvent être souvent énuclées alors qu’un sarcome nécessite une chirurgie "large") et le traitement avant la chirurgie (rien ou chimiothérapie, perfusion de membre isolé (ILP),radiothérapie préopératoire...).  

Des études montrent que la biopsie percutanée (sous scanner ou échographie si la lésion est profonde) permet le diagnostic de sarcome dans 95 à 100 % des cas [228].  La biopsie percutanée est préférée à la biopsie chirurgicale pour différentes raisons :

-    Éviter l'anesthésie générale ;
-    Éviter les risques d'hématomes, de surinfection et  d'envahissement secondaire de la cicatrice cutanée,
-    Dans le cas des tumeurs rétropéritonéales, éviter le risque d’essaimage intrapéritonéal d’une biopsie transpéritonéale


Les écueils de la biopsie :

-    Faire la biopsie avant le scanner ou l'IRM ;
-    Compromettre ou compliquer le traitement ultérieur par une incision inadaptée (trop grande ou mal placée) ou par une complication (infection, hématome, envahissement de la cicatrice cutanée) ;
-    Réaliser un prélèvement insuffisant qui ne permettrait pas une étude histiopathologique complète.

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