Causes des cancers



Le cancer, une maladie de l'ADN

 

Le cancer est une maladie du génome (ensemble des gènes) ou des chromosomes. Cette maladie peut être héréditaire ou provoquée par l'environnement. La progression tumorale incontrôlée est liée à l'acquisition par les cellules cancéreuses de multiples altérations dans leurs gènes et ce sont ces derniers qui gèrent le contrôle cellulaire. Dans la partie Mécanismes, on explique que le cancer se développe par un déséquilibre entre proto-oncogènes et anti-oncogènes. Les anti-oncogènes sont des gènes suppresseurs de tumeur et les proto-oncogènes remplissent de nombreuses fonctions de croissance pour les cellules normales de notre organisme. Les altérations des cellules cancéreuses peuvent impliquer les proto-oncogènes et les anti-oncogènes.


Activation d'un proto-oncogène


Cette activation de l'oncogène dans la cellule normale se fait après les évènements suivants :

- Translocation chromosomique : C'est la migration d'un proto-oncogène dans une autre région du génome. Autrement dit, c'est un transfert d’un segment de chromosome vers un chromosome d’une autre paire. Lorsque l'échange s'accompagne d'une perte de matériel génétique, la translocation est dite déséquilibrée sinon elle est dite équilibrée. Le réarrangement chromosomique résultant de cette échange peut se traduire par la fusion de deux gènes avec la production d'une protéine dite de fusion ou bien par une sur-expression de gènes et donc des protéines correspondantes. Il existe sur les chromosomes des points de cassures favorisant les translocations. Voici un exemple avec la sarcome d'Ewing :





Dans cette image, la notation t(11;22) signifie qu'il y a eu une translocation entre le chromosome 11 et 22. La notation t(11;22)(q;q) indique que la translocation entre les chromosomes 11 et 22 a concerné les bras longs des deux chromosomes ("les pattes inférieures du X").
En effet, lorsque qu'un bras long du chromosome est concerné, on le représente par la lettre q, lorsque c'est le bras court, on le représente par la lettre p. Ensuite, pour repérer plus finement la translocation dans le chromosome, on divise arbitrairement le bras court et le bras long en régions puis en bandes puis en sous bandes. A chaque fois qu'on localise plus finement la translocation en rentrant dans un niveau (une région ou une bande ou une sous bande), on ajoute un numéro précisant la localisation dans le niveau concerné. Ainsi dans l'exemple suivant, la croix verte se trouvant sur le bras long du chromosome 21 est localisée par la notation 21.q.2.2.3 ou 21q223 :



La localisation d'un point sur un chromosome se fait par arborescence (src : infobiogene©).



- Mutation : Le proto-oncogène mute en un oncogène qui va synthétiser des protéines anormales : les oncoprotéines.

- Amplification génique : Un proto-oncogène produit un nombre anormalement élevé de copies de lui-même et devient "sur-exprimé". Autrement dit, la cellule possède plusieurs copies d'un gène. L'amplification s'accompagne aussi d'une surexpression des protéines fabriquées par le gène surexprimé.


Dysfonctionnement d'un anti-oncogène

Là encore, le dysfonctionnement peut résulter d'une mutation ou d'une absence d'anti-oncogènes rendant la prolifération cellulaire incontrôlable. Les chercheurs ont trouvé une trentaine de gènes suppresseurs de tumeur mais en soupçonnent une centaine. Parmi ces anti-oncogènes, on peut citer le p53 (on s'est d'ailleurs aperçu que la protéine p53 issue d'une mutation du gène p53 était présente dans 50 % des cancers humains).





Qu'est ce qui occasionne le "bogue" dans l'ADN ?

 

En résumé, quelles sont les causes de ces absences ou de ces mutations de gènes ?

Les facteurs sont très nombreux et parfois inconnus. On distingue les facteurs :

  • Héréditaires : Par exemple, certaines variétés de cancer du sein et du colon sont plus répandues chez certaines familles.

  • Viraux : Par exemple, le cancer du foie est associé à l’hépatite B, le sarcome de Kaposi au HIV, le cancer de l’utérus au papillomavirus, la leucémie au HTLV …

  • Immunitaires : Par exemple, le sida en amoindrissant le système immunitaire favorise l’apparition du cancer. Le système immunitaire n’est alors plus capable de reconnaître les antigènes anormaux se trouvant à la surface des cellules cancéreuses et de les détruire avec des anticorps.

  • Alimentaires : Par exemple, une alimentation pauvre en fruits et en légumes augmente les risques du cancer du colon.

  • Environnementaux : Par exemple, les irradiations (UV-B, iode 131, césium 137…) et certaines substances chimiques :

    • amiante,
    • arsenic,
    • benzène,
    • chrome,
    • nickel
    • silice,
    • poussières de bois,
    • suies,
    • dioxine,
    • goudron,
    • tabac,
    • pesticides…


    On estime à 100 000 le nombre de molécules chimiques industrielles présentes dans les produits de consommation sans connaissance de leurs toxicités sur l'homme. Certaines substances sont cancérigènes et vendues quand même. Ainsi, l'UFC Que Choisir dans ses numéros 420 et 421 (novembre, décembre 2004) pointe du doigt les nettoyants ménagers et les désodorisants intérieurs qui émettent des gaz cancérigènes à des seuils dépassant ceux recommandés par l'OMS : le formaldehyde et le benzène. Si vous souhaitez en savoir plus : le site de Greenpeace (http://www.greenpeace.fr/vigitox/index.html) et un site gouvernemental (http://www.air-interieur.org/).

 

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